EURIPIDE

Poète tragique grec (Salamine, - 480. Macédoine, --. 406)

Le peu que l'on sait des origines, de la vie et de la mort du poète repose sur des légendes souvent malveillantes. Ami de Socrate, il avait reçu l'enseignement des philosophes et des sophistes avant de se consacrer à la poésie et au théâtre. Médiocre-ment apprécié de son vivant, il devait connaître après sa mort, survenue à la cour d'Archélaos, roi de Macédoine, une gloire qui s'étendit à tout le monde grec. Des quatre-vingt-douze pièces qu'il composa, dix-huit nous sont parvenues. Les dates de composition de certaines d'entre elles demeurent incertaines. Elles pourraient se répartir en trois groupes où l'on distinguerait d'abord 

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Les oeuvres classiques par la forme et le contenu
 
- Médée* (Mêdeia, - 431)
- Hippolyte* (Hippolatos stephanêphoros, - 428)
- Iphigénie* à Aulis (Iphigeneia hé en Aulidi, - 405)
Les Bacchantes- (Bakkhai, - 405)
 
celles qui marquent un renouvellement de la technique tragique :
 
- Alceste* (Alkêstis, - 438)
- Ion* (lôn, v. - 418)
- Electre' (Elektra, -413)
 
enfin les tragédies qui se distinguent des précédentes par des allusions à des évé-nements contemporains :
 
- Héraclides* (Hêrakleidai, v. - 430) 
- Andromaque* (Andromakhê, v. - 426)
- Les Troyennes* (Trôades, - 415)
- Hélène* (Helenê, - 412
 

II faut ajouter aussi les tragédies  
 
- Hécube* (Hekabé, v. - 424)
- Les Suppliantes* (Iketides, v. - 424)
- Héraclès* furieux (Hêraklês mainomenos, v. ?, 424) 
- Iphigénie? en Tauride (Iphigeneia hé en Taurois, v. ? 414) 
- Les Phéniciennes* (Phoinissai, v. ? 410)
- Oreste* (Orestês, ,? 408)
 

De date inconnue, mais du même auteur, nous reste un drame satirique, Le Cyclope' (Kuklôps) ? Accusé par ses contemporains de scepticisme, d'irrespect envers les dieux, d'indifférence pour les mythes héroïques de la Grèce, Euripide a composé son couvre au moment où, dans Athènes affaiblie par les guerres, les diverses classes sociales commençaient à contester les traditions, les lois, les institutions, la morale héritées des anciens âges. Plus attentif à décrire les passions humaines dans leur vérité et leur dépouillement que disposé à célébrer la grandeur tragique des héros légendaires, Euripide se trouvait en plein accord avec la pensée profonde des nouvelles générations. Sa gloire posthume en fut le meilleur témoignage.

Le Petit Robert 2